25 ans de l’Ensemble vocal Séquence

Samedi 17 novembre 2018 – 20 h
Studio Ansermet

Passage de la Radio 2, Genève

Salvatore Sciarrino
L’Alibi della parola (1994)
Pour ensemble de voix solistes
Daniel Gloger, contre-ténor
Valerio Contaldo et Stuart Patterson, ténors
Philip Nielsen, basse


Nadir Vassena
Infidi luoghi dell’anima (2006)
Pour ensemble de voix solistes
Daniel Gloger, contre-ténor solo
Emma Rieger et Gyslaine Waelchli, sopranos
Valerio Contaldo, ténor
Frederik Sjollema, basse


Marc Garcia Vitoria
Dictionnaire à l’usage des oisifs (2014)
Commande de l’Ensemble vocal Séquence, crée le 21 novembre 2014
version allongée pour le présent concert (nouvelle commande)
Pour ensemble vocal et accordéon
Emma Rieger et Gyslaine Waelchli, sopranos
Daniel Gloger et Marie-Hélène Ruscher, contraltos
Valerio Contaldo et Stuart Patterson, ténors
Frederik Sjollema et Philip Nielsen, basses
Mélanie Brégant, accordéon
Laurent Gay, direction


Billetterie : administration@ensemblevocalsequence.ch

Service culturel Migros Genève
Rue du Commerce 9
Tél. +41 58 568 29 00

L’Ensemble vocal Séquence fête ses 25 ans ! Et pour cette occasion, il a le bonheur de partager la scène avec deux invités spéciaux : le contre-ténor Daniel Gloger et l’accordéoniste Mélanie Brégant. Au programme, trois pièces qui représentent autant de manières différentes d’aborder l’ensemble de voix solistes.

« L’alibi della parola », du sicilien Salvatore Sciarrino, met à l’honneur quatre voix masculines qui chantent dans un style purement « sciarrinien », hérité de la grande tradition vocale italienne de la Renaissance, qu’il a été capable d’insérer dans la modernité la plus radicale, pour mettre en son des textes d’origine très diverse (la poésie visuelle contemporaine, le chant de la cour de Pétrarque, quelques inscriptions peintes sur des vases grecs).

Le tessinois Nadir Vassena propose dans « Infidi luoghi dell’anima » (2006) une sorte de fragment d’opéra qui demande une certaine mise en scène, procédé caractéristique du compositeur. Quatre voix dans la pénombre donneront une certaine impression de chœur de tragédie grecque, alors que le contre-ténor, éclairé, tient un rôle soliste. Dans un cahier de notes, Vassena écrit « cette sensation forte et banale de devoir aller repêcher les sons de mon enfance : les paroles chuchotées par les parents lorsque les enfants dorment. »

« Dictionnaire à l’usage des Oisifs », qui avait été commandé par l’Ensemble à l’espagnol Marc Garcia Vitoria il y a quatre ans, fait l’objet d’une nouvelle commande pour compléter ce dictionnaire, un « work in progress » par définition. À partir de courts textes du sceptique Joan Fuster, le compositeur développe une suite de micro-pièces sur des sujets aussi différents que la chance, la politique, la mort ou l’humiliation.

L’EVS et son directeur Laurent Gay nous promettent un programme exceptionnel portant un regard élargi et riche sur le répertoire qu’ils défendent avec passion depuis 25 ans.

Daniel Gloger, Contre-ténor

Plus que tout autre chanteur de son fach (système de classification des voix), le contreténor Daniel Gloger encourage les compositeurs contemporains à utiliser des sons nouveaux dans les œuvres qu’ils écrivent pour lui. Quand il s’agit d’interpréter une œuvre, que celle-ci soit issue du répertoire contemporain, de la musique ancienne ou de la musique classique, il cherche toujours l’interprétation parfaite.

Daniel Gloger collabore très étroitement avec Adriana Hölszky, Lucia Ronchetti, Jennifer Walshe, Georg Friedrich Haas, Bernhard Lang, Oscar Strasnoy et Enno Poppe. Invité régulier de nouveaux festivals de musique, il a chanté lors de plus de deux cents premières mondiales, notamment aux Berliner Festspiele, dans les festivals Ultraschall Berlin, MaerzMusik (Berlin), musica viva (Munich), Klangspuren Schwaz (land du Tyrol), Tage für Neue Musik (Zurich), Printemps des Arts de Monte-Carlo, musicadhoy (Madrid), Ultima (Oslo) et Warsaw Autumn (Varsovie), ainsi qu’au Festival d’Automne à Paris.

Sa gaieté et sa voix très caractéristique font de Daniel Gloger un chanteur fort convoité. Ses prestations, en première mondiale, dans les rôles-titres de Der Gute Gott von Manhattan d’Adriana Hölszky, au Festival de la SWR de Schwetzingen 2004 et au Semperoper de Dresde, en 2005, et de Montezuma — Fallender Adler de Bernhard Lang au Théâtre national de Mannheim, en 2010, sont remarquables. Il interprète aussi avec succès, au Festival de la SWR de Schwetzingen, les premières représentations de la trilogie Bluthaus (2011), Thomas (2013) et Koma (2016) de Georg Friedrich Haas et du librettiste Klaus Händl.

Daniel Gloger s’est également produit au Théâtre national de Stuttgart, à l’Opéra d’État de Berlin, au Théâtre national de Sarrebruck et au Théâtre de Colón (Buenos Aires), mais aussi lors du Festival de Vienne et du Festival de Salzbourg (Judith, inspiré de Juditha triumphans d’Antonio Vivaldi). Il a chanté à la première représentation de Melancholia de Georg Friedrich Haas à l’Opéra national de Paris, puis à l’Opéra national de Bergen, à l’Opéra d’Oslo et à l’Opéra de Graz. Le contreténor interprète en outre régulièrement son projet solo NACKT.

Pendant la saison 2017-2018, Daniel Gloger participe aux festivals Eclat (Stuttgart), Transart (Bolzano), Milano Musica (Milan) et SPOR (Aarhus), ainsi qu’à la Biennale de Munich, avec les ensembles du Klangforum Wien, d’Ascolta, de Spectatet et de BIT20. Après la première mondiale au Festival de Vienne 2017, il interprète aussi le rôle de Parzefool, composé spécialement pour lui par Bernhard Lang, à l’occasion de la première représentation allemande de l’opéra Mondparsifal Beta 9-23 (sous la direction de Jonathan Meese, un des peintres allemands d’aujourd’hui le plus célèbre), à la Haus der Berliner Festspiel.